Ce week-end dans le Gers : entre racines et retrouvailles
9 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Occitanie · Gers
Le Gers s’éveille doucement après l’été, et ce week-end, il invite à des retrouvailles qui sentent bon la rentrée : celles des chemins de terre, des tables partagées et des arbres qui murmurent. Pas de festival tonitruant ni de foule compacte, mais une poignée d’occasions discrètes pour renouer avec l’essentiel — ou simplement avec ses voisins. Voici où poser ses pas, et pourquoi.
Saint-Mont, ou l’art de célébrer l’automne avant l’heure
Si vous ne deviez retenir qu’une seule proposition ce week-end, ce serait probablement la Fête des Charmettes, à Saint-Mont. Organisée par l’APAJH, cette journée festive au Parc du Château est un modèle de convivialité sans chichis : pas de thème imposé, pas de programme rigide, juste l’envie de se retrouver. L’an dernier, on y a vu des enfants courir entre les arbres, des anciens discuter sous les tonnelles, et des musiciens improviser des airs traditionnels sur un coin de pelouse. Cette année, l’association promet la même alchimie : une fête qui ressemble à ceux qui la font, sans autre ambition que de passer un bon moment ensemble.
Pour ceux qui préféreraient un repas plus structuré, le Repas des chasseurs de l’Amidour, le même jour, offre une alternative gourmande. Ici, pas de chichis non plus : on mange ce que la saison et les chasseurs ont rapporté, dans une ambiance où les blagues fusent autant que les verres de vin. Une tradition locale qui rappelle que, dans le Gers, la chasse est d’abord une affaire de partage — et que les meilleures tables sont parfois celles où l’on s’assoit sans réservation.
Quand les arbres deviennent guides
À une trentaine de kilomètres de là, Bordes-Uchentein propose une expérience plus intime : une journée de sylvothérapie centrée sur le hêtre, cet arbre que les anciens associaient à la sagesse et à la transmission. Pas besoin d’être un expert en écologie pour y participer : il s’agit simplement de marcher en forêt, d’écouter, de toucher, et de laisser les arbres — et les animateurs — vous raconter leur histoire. Dans un département où les bois couvrent près de 15 % du territoire, c’est une façon originale de redécouvrir un paysage que l’on croit connaître. Le parcours est accessible à tous, et le repas du midi est prévu sur place : de quoi prolonger l’expérience sans se presser.
Pour ceux qui voudraient prolonger cette immersion végétale, une randonnée accompagnée est organisée dès le vendredi à Tillac. Le parcours, très facile, suit les coteaux Est du village et longe la Vallée du Bouès sur environ 6 kilomètres. Peu de dénivelé, mais des points de vue qui valent le détour, surtout à cette époque de l’année où les vignes commencent à rougir. Le restaurant O Rabastens propose un repas après la marche : une halte bienvenue pour échanger avec les autres participants, qu’ils soient marcheurs ou simples spectateurs venus profiter de l’ambiance.
Des lieux qui résistent au temps
Si ces événements sont éphémères, le Gers regorge aussi de lieux qui, eux, attendent patiemment les visiteurs toute l’année. À Boulaur, l’Abbaye cistercienne est de ceux-là : fondée au XIIe siècle, elle abrite aujourd’hui une communauté de moniales qui perpétuent un savoir-faire artisanal (leur pain d’épices est réputé). Le site, d’une sérénité rare, se visite librement, et il n’est pas rare d’y croiser des pèlerins en route vers Compostelle — ou des Gersois venus chercher un peu de calme.
À quelques kilomètres de là, l’Abbaye de Flaran, à Valence-sur-Baïse, offre un autre visage de l’histoire cistercienne. Classée Monument historique, elle accueille aussi des expositions temporaires et un jardin médiéval qui mérite le détour. Moins intimiste que Boulaur, mais tout aussi fascinante, elle rappelle que le Gers a été, pendant des siècles, une terre de spiritualité et de création.
Pour une touche plus contemporaine, direction Simorre, où l’installation artistique « Mmmmh ! » interroge, avec humour et poésie, notre rapport à la nourriture. Impossible d’en dire plus sans gâcher la surprise, mais sachez que cette œuvre, à mi-chemin entre le land art et la réflexion sociétale, a de quoi marquer les esprits — et les papilles. Enfin, à Saint-Puy, l’exposition « À Table ! » explore, à travers une série de photographies et d’objets, l’évolution des arts de la table dans le Gers. Un sujet en apparence léger, mais qui en dit long sur les traditions locales et leur capacité à se réinventer.
Une soirée pour ceux qui aiment jouer
Terminons par une proposition qui devrait ravir les amateurs de jeux de société : Tiest’Animations organise une soirée jeux à Tieste-Uragnoux. Entrée gratuite, possibilité de se restaurer sur place, et surtout, une ambiance décontractée où l’on peut aussi bien apporter ses propres jeux que découvrir ceux mis à disposition. Dans un département où les veillées entre voisins restent une institution, cette soirée est une façon moderne de perpétuer la tradition : celle des moments partagés, sans autre enjeu que le plaisir de jouer ensemble.
Ce week-end dans le Gers, c’est donc l’occasion de choisir son rythme : celui des pas comptés sur un sentier, des rires autour d’une table, ou des cartes qui s’abattent sur un plateau. Une chose est sûre : ici, on ne vient pas pour consommer des activités, mais pour en vivre — et parfois, pour en repartir avec un peu plus que ce qu’on y a apporté.